La situation précaire des chrétiens d’Algérie
La situation des chrétiens d’Algérie est de plus en plus précaire. Les autorités algériennes ont lancé une campagne nationale visant à examiner tous les bâtiments des églises afin de signaler toutes lacunes opérationnelles et les fermer.
L’un des outils mis en place par les Nations Unies pour la sauvegarde des droits de l’homme est un processus d’établissement de rapports dans le cadre de l’Examen périodique universel (EPU) des Nations Unies. Il oblige les États à comparer leurs efforts en matière des droits de la personne avec ceux d’autres pays. En 2017, c’était au tour de l’Algérie. L’évaluation de la situation des droits de l’homme dans le plus grand pays d’Afrique en termes de superficie a pris une nouvelle dimension grâce à la publication d’un rapport de l’Église protestante d’Algérie (ÉPA) .
Par la prestation courageuse et prudente du pasteur Mahmoud Haddad, responsable de l’ÉPA, devant le Conseil des droits de l’homme de l’ONU à Genève le 5 avril 2017, l’ÉPA a signalé à l’État algérien qu’elle jouait un rôle dynamique dans le processus des droits de l’homme. Le plaidoyer du responsable de l’ÉPA a été pris en compte par l’Algérie et le Consulat général algérien à Genève l’a également reçu. Malgré ce dialogue positif, il faut toutefois relever que l’Algérie n’a pas commenté publiquement le rapport. Ce dernier contient, par exemple, une recommandation des Pays-Bas, dans laquelle le respect des normes internationales des droits de l’homme a été exigé concernant la liberté religieuse, particulièrement en ce qui concerne les religions minoritaires.
Déclaration faite devant le président du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies
«Monsieur le Président,
L’Alliance évangélique mondiale voudrait remercier l’Algérie pour sa participation à l’EPU et le dialogue très constructif qu’il a été possible d’avoir dans ce contexte. Les nombreuses recommandations ont porté sur la question de la liberté religieuse et les droits des minorités religieuses. Si la liberté religieuse est garantie dans la Constitution, il existe aussi, encore, certains défis dans sa mise en œuvre. Sur le plan du droit de la famille, par exemple, le système législatif n’est pas suffisamment équipé face à un pluralisme religieux grandissant. Ainsi, un Algérien non musulman ne sera pas autorisé à hériter des biens de sa famille musulmane; ou encore une Algérienne, quelle que soit son appartenance religieuse, ne sera pas autorisée à marier un étranger non musulman.
À ces défis concernant le droit de la famille s’ajoute celui de l’Ordonnance numéro 06-03 de 2006 sur les cultes autres que musulmans, qui a servi comme un outil de répression par le passé et qui reste en vigueur. Il est souhaitable que cette loi soit modifiée, de sorte à être mise en conformité avec les standards internationaux en matière de liberté religieuse.
Nous sommes convaincus que la diversité des communautés et le pluralisme en Algérie sont une richesse pour le pays et, dans ce sens, nous souhaitons encourager l’Algérie à poursuivre les mesures nécessaires en faveur des droits et liberté de ses minorités.
Merci, Monsieur le Président.»
Réponse de l’ambassadeur algérien Lazhar Soualem
«Je parlerai d’abord de la liberté religieuse en Algérie. Il faut savoir que l’Algérie d’aujourd’hui a été forgée pendant quatorze siècles par l’islam. Nous ne connaissons pas, en Algérie, les situations de minorités religieuses telles qu’elles existent dans l’orient du monde arabe. La liberté religieuse en Algérie aujourd’hui est encadrée. Elle l’est pour l’islam qui est la majorité des quatre-vingt-dix-neuf pour cent des Algériens. Elle l’est aussi pour les autres religions. Je signalerai par exemple que toutes les religions révélées sont fêtées en Algérie; qu’elles soient chrétiennes ou juives, elles donnent droit à un repos légal; que ces fêtes sont retransmises à la radio; que l’entretien des édifices religieux autres que musulmans est fait par l’État; que les missionnaires de la religion juive et chrétienne sont payés par l’État algérien. Donc l’existence ou le harcèlement ou les violations de la liberté religieuse est quelque chose qui n’est que dans l’imaginaire de ceux qui l’ont dit.»
Commentaire de Michael Mutzner, représentant permanent de l’Alliance évangélique mondiale (AÉM) auprès de l’ONU à Genève
Michael, êtes-vous satisfait avec la réponse de la délégation?
«Nous sommes satisfaits de l’implication de la délégation et du dialogue que nous avons eu, mais pas de cette réponse, car cette réponse ne tient pas suffisamment compte du fait qu’il reste des défis en termes de liberté religieuse en Algérie. Dans cette réponse, on entend bien que, finalement, cette petite minorité non musulmane n’est pas une priorité, et justement, notre encouragement, c’est de tenir compte davantage de ces minorités. La Tunisie vient d’adopter une loi pour faciliter le mariage entre musulmans et non-musulmans, et nous espérons que ce soit le genre de mesures que l’Algérie puisse aussi entreprendre aujourd’hui.»
Campagne nationale des autorités algériennes
À la lumière des rapports dans le cadre de l’EPU, il est plutôt surprenant de savoir que les autorités algériennes ont actuellement lancé une campagne nationale pour examiner systématiquement tous les bâtiments des églises, afin de signaler toutes lacunes opérationnelles et les fermer. L’Algérie demande officiellement aux dirigeants chrétiens de l’étranger de ne pas demander de visa touristique lorsqu’ils viennent enseigner. Dans le même temps également, toutes les demandes officielles d’un visa religieux ont été rejetées. Les dirigeants de l’Église algérienne sont étroitement surveillés par les services de sécurité et entravés par des démarches administratives inutiles et sans issue. Il est arrivé, entre autres choses, que quelqu’un soit jugé pour avoir évangélisé, emprisonné pour avoir distribué des bibles ou que l’internet soit bloqué pour des responsables chrétiens .
Campagne annuelle de financement 2026-2027 du Journal Chrétien
Le Journal Chrétien lance sa campagne de dons 2026-2027 pour financer sa plateforme de médias chrétiens visant à financer le site d'information Chretiens.com, l'application de ressources bibliques Bible.audio, et la chaîne de télévision chrétienne Chrétiens TV diffusée sur le canal 483 de Free en France. La concentration des médias aux mains d'un petit nombre d'acteurs économiques et de milliardaires représente une menace sur le pluralisme et l'indépendance de la presse.
Les dangers de la concentration des médias aux mains des milliardaires
A cause de la crise économique, de nombreux médias en difficulté financière ont été rachetés par des industriels puissants pour assurer leur survie. Les dangers de cette concentration des médias aux mains des milliardaires sont nombreux :
1. Menace sur le pluralisme et la diversité des opinions : En France, une poignée de milliardaires ou de grands groupes industriels (actifs dans le luxe, l'armement, le BTP ou les télécommunications) détiennent l'immense majorité des quotidiens nationaux, des chaînes de télévision et des radios. Cette emprise réduit la variété des points de vue, appauvrit le débat public et favorise les conflits d'intérêts.
2. Perte d'indépendance et autocensure des rédactions : Les journalistes risquent de subir des pressions directes ou indirectes de la part des actionnaires. De plus, les médias appartenant à des groupes industriels peuvent hésiter à enquêter de manière transparente sur les activités de leurs propres propriétaires ou de leurs partenaires économiques.
3. Uniformisation et baisse de la qualité de l'information : Pour des raisons de rentabilité, certains groupes privilégient des contenus à bas coût, comme des plateaux d'experts et des commentaires en continu, au détriment du travail d'investigation et de terrain.
Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
Agissez avec notre plateforme de médias chrétiens !
Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
Dans ce contexte, deux médias chrétiens, qui fonctionnent sans actionnaires milliardaires et sans subvention de l’Etat, offrent une information alternative fiable, en collaboration avec des agences de presse internationales.
1. Le Journal Chrétien, un service de presse en ligne reconnu par l’Etat
Le Journal Chrétien est historiquement le premier pure-player chrétien francophone dont le but est d’offrir au quotidien une information fiable et de qualité avec un regard chrétien.La ligne éditoriale du Journal Chrétien est généraliste, s’intéressant particulièrement aux actualités politiques, économiques, sportives et religieuses.
Il est le média chrétien le plus ancien et le plus lu dans Google actualités, principal canal de visibilité et d'audience pour les médias d'information en ligne.
Lorsqu’une église ou un pasteur doit faire face à des accusations calomnieuses dans le paysage médiatique ou devant les tribunaux français, les publications du Journal Chrétien sont toujours accueillies avec beaucoup de considération.

