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Camp de Gado Badzeré : La cohabitation comme elle va entre réfugiés chrétiens et musulmans

Coincés au cœur des 55 hectares de superficie du camp de Gado Badzeré, les réfugiés centrafricains chrétiens et musulmans qui ont fuit le conflit opposant les rebelles de la Seleka à l’armée de François Bozizé, président de la République d’alors vivent en harmonie. Une ambiance perturbée de temps en temps par quelques accrochages entre les jeunes issues des deux communautés mais qui ne remet pas en cause la bonne cohabitation dit-on ici.

Dans le camp, les deux communautés sont installées chacune dans son secteur. Onze ont été alloués aux réfugiés d’obédience musulmane et un seul dénommé  » secteur douze » , accueille la totalité des réfugiés chrétiens. Malgré cette disparité les deux groupes  » se côtoient sans problèmes  » et  » vivent librement chacun leur foi » renseignent les responsables du site.

D’ailleurs ils ce sont organisés autour d’un comité des sages. Il  » veille au bon déroulement des relations entre nos deux communautés  » souligne Berinda Yougada, Secrétaire général dudit comité. Nous  » mettons l’accent sur l’acceptation de l’autre  » et sur  » le respect des convictions religieuses de chaque groupe  » poursuit-il.

A l’occasion » nous sensibilisons les deux groupes à ce sujet » et  » tout jusqu’ici se passe bien  » se réjouit Ali Boali, Président du comité des sages du camp. Pour préserver cette harmonie les deux communautés ont pris l’habitude de se rassembler lors des grandes occasions. Lors  » des fêtes chrétiennes ou musulmanes nous nous retrouvons autour du repas  » lance-t-il, cela  » renforce nos liens » assure le président du comité des sages. D’ailleurs » au delà de nos différences de religion nous sommes d’abord tous Centrafricains  » confie Ali Boali.

Il arrive néanmoins des situations de tensions de temps en temps. Cela  » concerne beaucoup plus les jeunes de nos deux communautés » explique Adalbert Gatabe, il est l’un des représentants des réfugiés chrétiens au sein du comité des sages du camp de Gado Badzeré. En début d’année, un incident entre un jeune réfugié chrétien et une jeune musulmane a failli dégénérer se souvient-il. Il a  » fallu l’intervention mutuelle des responsables des deux communautés pour calmer la tension » confie Monsieur Gatabe.

Une harmonie sur laquelle veille aussi l’organisation onusienne. Elle met un point d’honneur à » une franche cohabitation entre les deux communautés » indique Ferdinand Laban, superviseur du Camp des réfugiés de Gado Badzeré . Au delà du comité des sages mis sur pied, les  » discussions collectives  » sont aussi  » une autre approche que nous avons initié pour favoriser la paix entre les deux groupes ici au camp » ajoute le superviseur. Même si les deux communautés sont installées dans des secteurs diversifiés elles prennent  » une part active à la vie du camp » et ont « l’occasion de se retrouver dans les points de ventes, d’eau et même des soins  » rassure-t-on ici.

Selon les chiffres rendus public par UNCHR en Juin 2023 sur le profil du camp des réfugiés de Gado Badzeré, il en ressort que 95% de la population du camp est d’obédience musulmane contre seulement 5% de chrétiens.

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