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Camille: « Être chrétien ne signifie pas être misogyne »

Camille travaille sur les questions de droits des femmes et d’égalité femmes-hommes. Elle nous raconte comment sa foi l’aide à affronter ses défis professionnels. Mais aussi comment ceux-ci alimentent sa réflexion sur l’avenir de l’Église.

C’est l’amour de Jésus pour le peuple, “vers qui il allait”, qui touche Camille lorsqu’elle entend les histoires de la Bible pour la première fois, à l’âge de 8 ans. “C’était dans un camp de vacances dans les Cévennes”, se souvient la femme de 34 ans, de père musulman et de mère “catholique de tradition”. Très vite, la jeune chrétienne cherche à être utile, à travers le monde associatif notamment. Puis l’urbanisme, secteur dans lequel elle fait ses études. Aujourd’hui, elle travaille sur les sujets des droits des femmes et de l’égalité femmes-hommes dans le sud de la France.

Servir son prochain

“Mon champ d’action se divise sur trois volets : la protection des droits et la lutte contre les violences. L’égalité sur le plan économique et professionnel. Et enfin, l’égalité dans la sphère publique, l’accès au sport, à la culture par exemple…” explique Camille. Pour ça, elle se bat au quotidien, sur le terrain, auprès des différents acteurs de son département. Les associations, les écoles, les entreprises… Et pour mener à bien ses missions, la jeune femme s’appuie sur sa foi. Qui selon elle lui permet de ne pas s’épuiser moralement. “Travailler sur des sujets comme les violences conjugales ou la prostitution, c’est très dur”, explique-t-elle. “Alors je me repose sur Jésus et je suis convaincue de faire quelque chose qui lui plaît”. Elle prend notamment l’exemple de Jésus qui lave les pieds de ses disciples. “Il nous appelle à servir notre prochain, et cette image me porte au quotidien !” 

Patriarcat et soumission de la femme

Une foi qu’elle garde pour elle dans le cadre de ses fonctions, dans lequel le devoir de neutralité s’impose à elle. “Et c’est bien normal” s’empresse-t-elle de rajouter. Toutefois, elle reconnaît ne jamais la camoufler lors de discussions interpersonnelles avec ses collègues. “Et nous je travaillons sur un sujet sensible qu’est l’égalité femmes-hommes, il arrive qu’on essaie de me confronter sur la religion. Notamment sur les questions de patriarcat et de soumission de la femme.” Alors Camille profite de ces occasions pour expliquer sa vision des choses. “Je réponds que selon moi, ce sont les interprétations des écritures qui ont été un outil pour soumettre les femmes. Que ce n’est pas leur sens réel !” Mais c’est aussi, et surtout, à travers son investissement et la qualité de son travail qu’elle souhaite témoigner. “Je veux montrer qu’être chrétien ne signifie pas être misogyne. Même si je reconnais qu’il y a du travail à faire aussi de ce côté là.”

“Dieu doit être très heureux”

Car si Camille affirme que sa foi l’accompagne au travail, elle reconnaît à l’inverse que son travail lui permet aussi de remettre en question certaines approches du milieu chrétien. “Je n’avais pas de convictions féministes fortes en prenant le poste” , explique-t-elle. “Mais chaque jour je mesure l’ampleur du problème dans notre société, mais aussi dans nos Églises. Et c’est normal, nous ne sommes pas mieux que les autres !” Elle prend pour exemple son combat pour que les professeurs des écoles donnent autant la parole aux filles qu’aux garçons dans toutes les matières. “Et le dimanche je remarque que les femmes de l’Église ne s’expriment que rarement, ça me pose question”, regrette-t-elle. “Mais je me dis que Dieu doit être très heureux de voir que la lutte pour l’égalité hommes-femmes avance” sourit Camille, optimiste. Alors aujourd’hui, elle souhaite également lutter contre les injustices dans les Églises. Au même titre qu’elle le fait tous les jours au travail. “Par exemple, j’aimerais qu’on lève le tabou sur le sujet des violences dont les femmes sont victimes, dans nos Églises aussi. C’est une réalité et ce n’est pas acceptable” déclare-t-elle, avant de conclure : “Mais je suis enthousiaste, car je suis persuadée que ce combat se fait pour la gloire du Seigneur !”

Cliquez ici pour retrouver tous les « témoignages de terrain » du CNEF

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