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Climat: L’appel de l’Opep sur les énergies fossiles tend les négociations à la COP28

par Kate Abnett, Valerie Volcovici et Yousef Saba

DUBAI (Reuters) – Les négociations à la COP28 ont tourné samedi à la bataille autour de l’avenir des énergies fossiles après l’appel de l’Opep à rejeter toute formule prévoyant un abandon du pétrole et du gaz dans l’accord en cours de discussion à quelques jours de la fin de ce sommet sur le climat.

D’après des observateurs, l’Arabie saoudite et la Russie figurent parmi les pays producteurs de pétrole réclamant que les discussions à ce sommet aux Emirats arabes unis portent exclusivement sur une réduction des émissions polluantes et non sur la dénonciation d’une forme d’énergie en particulier.

Face à eux, au moins 80 participants, dont les Etats-Unis, l’Union européenne et de nombreux pays pauvres, vulnérables aux conséquences du changement climatique, réclament qu’un éventuel accord à la COP28 appelle clairement à l’abandon à terme des énergies fossiles pour tenter de respecter une trajectoire permettant de contenir la hausse de la température mondiale à 1,5° Celsius, objectif fixé lors de la COP21 à Paris en 2015.

« Nous avons besoin d’approches réalistes pour lutter contre les émissions », a dit le secrétaire général de l’Opep, Haitham al Ghais, dans une déclaration lue par un représentant aux délégués participant à la COP28. « Une (approche) qui permette la croissance économique, contribue à éradiquer la pauvreté et renforce les capacités de résistance tout à la fois. »

Le président de la COP28, le sultan Ahmed al Jaber des Émirats arabes unis, a pris les négociateurs d’accélérer le rythme.

« Il y a une dynamique positive au niveau politique et nous devons diriger toute cette énergie vers le travail technique », a-t-il dit.

« Ceci étant dit, il y a plus de points de divergences que d’accord. »

L’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) a adressé cette semaine une lettre à ses membres et à ses alliés les exhortant à bloquer tout accord évoquant un abandon des énergies fossiles, avertissant que « les pressions injustifiées et excessives contre les énergies fossiles pourraient atteindre un point de bascule avec des conséquences irréversibles ».

D’après Alden Meyer, du centre de réflexion E3G, c’est la première fois qu’un secrétaire général de l’Opep intervient de la sorte dans des discussions sur le climat parrainées par les Nations unies. « Cela témoigne d’un vent de panique », a-t-il dit.

LA FRANCE « STUPÉFAITE » ET « EN COLÈRE »

Le commissaire européen à l’Action climatique, Wopke Hoekstra, a jugé la lettre de l’Opep « décalée » par rapport aux efforts de lutte contre le changement climatique, dont les énergies fossiles sont l’une des principales causes.

« Aux yeux de beaucoup, dont moi-même, cela a été perçu comme quelque chose de décalé, inutile, pas dans le ton de la situation où se trouve le monde en ce qui concerne la situation très dramatique du climat », a-t-il dit.

Agnès Pannier-Runacher, ministre française de la Transition énergétique, s’est dite « stupéfaite » et « en colère » après les déclarations de l’Opep.

« La position de l’Opep met en péril les pays les plus vulnérables et les populations les plus pauvres qui sont les premières victimes de cette situation. Je compte sur la présidence de la COP pour ne pas se laisser impressionner par ces déclarations et pour porter un accord qui affirme un objectif clair de sortie des énergies fossiles », a-t-elle déclaré.

L’Arabie saoudite, leader de fait de l’Opep, et la Russie, autre grand producteur n’appartenant toutefois pas au cartel, semblent pour leur part vouloir mettre l’accent sur le développement de technologies onéreuses telles que le captage du carbone, qui, selon les conseillers scientifiques de l’Onu, ne sauraient toutefois remplacer une diminution de la consommation des énergies fossiles dans le monde.

D’autres pays comme l’Inde et la Chine n’appuient pas explicitement un appel à une sortie des énergies fossiles lors de cette COP28 et soutiennent le thème plus consensuel du développement des énergies renouvelables.

Après une semaine de discussions techniques, les négociations ont basculé au niveau ministériel pour tenter de parvenir à un texte de compromis avant la fin prévue du sommet mardi.

La dernière version du projet d’accord soumis aux négociateurs prévoit encore différentes possibilités sur ce thème central des énergies fossiles, allant d’une sortie programmée en fonction des données fournies par la science à l’absence pure et simple de toute référence au sujet.

(Reportage Kate Abnett, Valerie Volcovici, Yousef Saba, David Stanway, Simon Jessop, Elizabeth Piper et William James, avec Elizabeth Pineau à Paris, version française Bertrand Boucey)

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