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Les Arméniens du Haut-Karabakh veulent des garanties de Bakou avant de rendre les armes

par Felix Light

EREVAN (Reuters) – Les Arméniens du Haut-Karabakh exigent des garanties de sécurité avant de rendre les armes, a déclaré jeudi un conseiller de leurs dirigeants, après que l’Azerbaïdjan a déclaré avoir repris le contrôle de cette région séparatiste.

Des représentants des deux camps se sont réunis jeudi dans la ville azerbaïdjanaise de Yevlakh pour des négociations après un accord de cessez-le-feu conclu la veille qui a mis fin une opération « antiterroriste » menée par Bakou dans le Haut-Karabakh.

L’accord prévoit que les forces arméniennes séparatistes de la région soient dissoutes et désarmées.

Jeudi, les autorités arméniennes du Haut-Karabakh ont accusé les forces azerbaïdjanaises d’avoir violé le cessez-le-feu, des accusations démenties par le ministère azerbaïdjanais de la Défense.

Deux sources dans la capitale régionale Stepanakert, appelée Khankendi par Bakou, ont déclaré à Reuters avoir entendu de nombreux coups de feu jeudi matin, sans que l’on sache qui en était à l’origine.

La fusillade et les récits contradictoires ont mis en évidence le risque d’une nouvelle effusion de sang malgré l’accord de cessez-le-feu.

« Nous avons conclu un accord sur la cessation de l’action militaire, mais nous attendons un accord final – les pourparlers se poursuivent », a déclaré à Reuters David Babayan, conseiller de Samvel Shahramanian, dirigeant des séparatistes arméniens du Haut-Karabakh. « Nous devons discuter d’un grand nombre de questions et de problèmes. »

« Il n’y a pas encore eu d’accord définitif. »

Interrogé sur la possibilité de rendre les armes, David Babayan a déclaré que son peuple ne pouvait pas être laissé à l’abandon et qu’il souhaitait d’abord obtenir des garanties de sécurité.

« Toute une série de questions doivent encore être résolues », a-t-il déclaré.

ASSISTANCE HUMANITAIRE

Selon la présidence azerbaïdjanaise, les autorités de Bakou et les dirigeants des Arméniens du Haut-Karabakh ont décidé jeudi d’une nouvelle réunion prochainement.

« Les questions de la réintégration de la population arménienne du Karabakh, de la restauration des infrastructures et de l’organisation d’activités basées sur la constitution et les lois de la République d’Azerbaïdjan ont été discutées », indique le communiqué de la présidence.

Bakou s’est engagé à fournir rapidement du combustible pour les systèmes de chauffage et une assistance humanitaire.

Le cessez-le-feu annoncé mercredi laisse à penser que l’Azerbaïdjan va s’emparer du contrôle sur le Haut-Karabakh, reconnu internationalement comme faisant partie de son territoire mais administré jusqu’à présent en partie par des autorités arméniennes dissidentes considérant la région comme leur patrie ancestrale.

« Après la reddition de la junte criminelle, cette source de tension, cet antre du poison, est déjà passée à l’histoire », a déclaré mercredi soir le président de l’Azerbaïdjan Ilham Aliev dans un discours à la nation.

« La population arménienne du Karabakh peut enfin pousser un soupir de soulagement. Je l’ai déjà dit et je tiens à le répéter : les Arméniens du Karabakh sont nos citoyens ».

La nouvelle de la reddition des forces séparatistes arméniennes a été accueillie avec colère en Arménie où des milliers de manifestants se sont rassemblées mercredi dans la capitale Erevan pour demander au gouvernement de soutenir davantage les ethnies arméniennes du Haut-Karabakh.

Certains ont demandé la démission du Premier ministre arménien Nikol Pachinian, qui était déjà au pouvoir lors de la défaite contre l’Azerbaïdjan en 2020.

Dans un discours prononcé à l’occasion de la fête de l’indépendance de son pays, le chef de gouvernement a reconnu que les Arméniens subissaient « d’indicibles souffrances physiques et psychologiques ».

Pour garantir sa survie, son pays a, selon lui, absolument besoin de paix, d’un « environnement exempt de conflits, de conflits interétatiques et interethniques ».

(Reportage Nailia Bagirova et Felix Light; rédigé Guy Faulconbridge, Blandine Hénault et Victor Goury-Laffont pour la version française, édité par Zhifan Liu)

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