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L’Ukraine accuse la Russie de « génocide », la Russie dément

L’Ukraine a accusé dimanche l’armée russe d’un « massacre » de civils dans la ville de Boutcha et son président a évoqué un « génocide » tandis que l’Union européenne et les Etats-Unis évoquaient des soupçons de crimes de guerre, des accusations rejetées par Moscou.

La diffusion d’images de corps de civils jonchant les rues de Boutcha a suscité de multiples appels à durcir les sanctions contre la Russie, y compris en interdisant les importations de gaz russe.

Après l’annonce samedi par l’Ukraine de la reprise de toutes les zones entourant Kyiv, le maire de Boutcha, une ville située à 37 kilomètres au nord-ouest de la capitale, a déclaré que les troupes russes y avaient tué 300 habitants avant de se retirer.

Selon le maire certaines des personnes exécutées l’ont été sommairement d’une balle dans la tête alors qu’elles avaient les mains attachées dans le dos.

Le président ukrainien, Volodimir Zelensky, a accusé l’armée russe d’avoir commis un « génocide » dans les villes qu’elle a occupées près de Kyiv, ajoutant que les responsables de ces crimes, y compris les donneurs d’ordres, devraient rendre des comptes devant la justice.

Les autorités ukrainiennes ont invité les enquêteurs de la Cour pénale internationale (CPI) à se rendre dans les villes concernées pour recueillir des preuves de possibles crimes de guerre russes, et notamment à Boutcha.

« Ce massacre était délibéré », a affirmé le chef de la diplomatie ukrainienne, Dmitro Kouleba.

« Nous sommes encore en train de rassembler et de rechercher les corps mais ils se comptent déjà en centaines », a-t-il ajouté selon son ministère. « Des corps jonchent les rues. Ils ont tué des civils pendant qu’ils étaient là et quand ils ont quitté les villages et les villes. »

Dmitro Kouleba a appelé les pays du G7 a prendre de nouvelles sanctions « dévastatrices » contre la Russie.

Le ministère de la Défense russe a réfuté ces accusations en déclarant que toutes les photographies et vidéos montrant des corps de civils constituaient « une nouvelle mise en scène du régime de Kyiv destinée aux médias occidentaux ».

« Pendant la période durant laquelle les forces armées russes ont contrôlé cette position, pas un seul habitant n’a souffert de la moindre action violente », a-t-il ajouté.

La Russie avait déjà nié auparavant avoir délibérément visé des civils et rejeté des accusations de crimes de guerre durant ce qu’il appelle toujours une « opération militaire spéciale » visant à démilitariser et « dénazifier » l’Ukraine.

Samedi, des journalistes de Reuters ont vu des corps dans une fosse commune et d’autres encore allongés dans les rues de Boutcha.

« LES AUTORITÉS RUSSES DEVRONT RÉPONDRE DE CES CRIMES », DIT MACRON

« Choqué par la nouvelle des atrocités commises par les forces russes. L’UE aide l’Ukraine à documenter les crimes de guerre », a écrit le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, sur Twitter, en souhaitant que la Cour internationale de Justice (CIJ) de l’Onu se saisisse de tous les cas de crimes de guerre présumés.

Le président français, Emmanuel Macron, a déclaré que « les images qui nous parviennent de Boutcha, ville libérée près de Kiev, sont insoutenables ». « Les autorités russes devront répondre de ces crimes », a-t-il ajouté sur Twitter.

Evoquant des « exactions massives », son ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a pointé de son côté des « actes constitutifs, s’ils sont confirmés, de crimes de guerre ».

Paris va travailler avec l’Ukraine, ses partenaires et la CPI pour que ces actes « ne restent pas impunis et que leurs responsables soient jugés et condamnés », précise-t-il dans un communiqué.

La ministre allemande des Affaires étrangères, Annalena Baerbock, a directement mis en cause le président russe, dénonçant sur Twitter la « violence décomplexée de Poutine ».

Le chef de la diplomatie américaine, Antony Blinken, interrogé sur CNN, a dit que les images de Boutcha faisaient l’effet d’un « coup de poing dans le ventre », ajoutant que les responsables de ces actes devraient rendre des comptes.

Le président du Conseil européen, Charles Michel, a déclaré que l’UE préparait une nouvelle salve de sanctions contre la Russie ainsi que des mesures de soutien à l’Ukraine, sans plus de précisions.

Le ministère allemand de la Défense a estimé pour sa part que l’UE devait débattre d’une interdiction totale d’importation sur le gaz russe, estimant, en citant des propos de la ministre Christine Lambrecht, que « de tels crimes ne peuvent pas rester sans réponse ».

(Avec Zohra Bensemra et Abdelaziz Boumzar à Boutcha, Pavel Polityuk à Lviv, Natalia Zinets à Moukatchevo et les bureaux de Reuters en Europe et aux Etats-Unis; rédigé par Tangi Salaün et Marc Angrand)

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