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Israël « en guerre » après une attaque terroriste du Hamas sur son sol

Le groupe islamiste palestinien Hamas a lancé samedi de la bande de Gaza un assaut surprise contre Israël en s’appuyant sur des combattants infiltrés qui ont fait des dizaines de morts et capturé des dizaines d’otages, lors de la journée de loin la plus meurtrière pour l’Etat hébreu depuis la guerre du Kippour il y a cinquante ans.

Israël a répondu par des frappes massives contre l’enclave palestinienne, faisant des dizaines de morts et blessés et promettant des représailles sans précédent.

Selon les secours israéliens, l’offensive du Hamas a coûté la vie à au moins 200 Israéliens et fait plus de 1.100 blessés. D’après les autorités de santé de la bande de Gaza, les raids israéliens ont fait 232 morts et 1.600 blessés.

Dans une allocution vidéo samedi soir, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a promis « une vengeance terrible pour cette journée noire ».

« Le Hamas veut notre mort à tous. C’est un ennemi qui tue des mères et des enfants dans leurs maisons, dans leurs lits. Un ennemi qui enlève des vieillards, des enfants, des adolescentes », a-t-il déclaré.

« Nous sommes dans une guerre et nous allons la gagner », avait-il annoncé un peu plus tôt dans la journée.

Lors d’un discours dans l’après-midi, le chef du Hamas, Ismail Haniyeh, a assuré que « la bataille » déclenchée samedi à l’aube s’étendrait à la Cisjordanie et Jérusalem.

« Ce fut le matin de la défaite et de l’humiliation pour notre ennemi, ses soldats et ses colons », a-t-il dit. « Ce qui s’est produit révèle la grandeur de notre préparation et la faiblesse de l’ennemi. »

L’attaque du Hamas a été déclenchée à l’aube par des centaines de tirs de roquettes sur le sud d’Israël, pendant que des commandos s’infiltraient en territoire israélien par des brèches dans la clôture de sécurité entre la bande de Gaza, ou par des canots le long de la côte, voire en ULM selon une vidéo.

La marine israélienne a dit avoir tué des dizaines de Palestiniens armés tentant de pénétrer en Israël par la mer.

Un porte-parole militaire israélien a estimé que des centaines de combattants armés palestiniens avaient pris part à l’assaut.

L’armée israélienne a déclaré en début de soirée que des combats se poursuivaient en 21 endroits.

Dans les territoires du sud d’Israël proche de l’enclave, les cadavres de civils israéliens gisaient sur une route de Sderot, au milieu de véhicules criblés de balles.

A Gaza, à la nuit tombée, de la fumée noire et des flammes orange s’élevaient d’une tour visée par un raid israélien. Des foules transportaient à travers les rues les corps d’activistes tués quelques heures auparavant.

DES DIZAINES DE SOLDATS CAPTURÉS

La branche armée du Hamas a déclaré que des dizaines de soldats et officiers israéliens avaient été capturés et placés dans des lieux sûrs et des tunnels.

Un dirigeant du Hamas, Saleh Al Arouri, a déclaré à la chaîne Al Djazira que le Hamas avait suffisamment de prisonniers pour contraindre l’Etat hébreu à libérer tous les détenus palestiniens.

L’armée israélienne a confirmé que des Israéliens étaient détenus dans la bande de Gaza. Un porte-parole de Tsahal a déclaré qu’Israël était en mesure de mobiliser des milliers de réservistes et se préparait également à des affrontements dans le Nord face au Hezbollah libanais.

Le Hamas, qui prône la destruction d’Israël, a justifié son offensive par ce qu’il considère comme une escalade des attaques contre des Palestiniens en Cisjordanie et à Jérusalem, et contre les détenus palestiniens.

« Voici le jour de la plus grande des batailles pour mettre fin à la dernière occupation sur Terre », a affirmé Mohammed Deif, haut commandant militaire du Hamas, en annonçant le lancement de l’opération dans un message sur les ondes, appelant les Palestiniens au combat où qu’ils se trouvent.

Le Djihad islamique a déclaré prendre part à l’offensive et avoir capturé des soldats israéliens.

Mohammed Deif a déclaré que 5.000 roquettes avaient été tirées au début de l’attaque, un nombre estimé à 2.500 par l’armée israélienne.

Dans la soirée, le Hamas a annoncé avoir tiré 150 roquettes vers Tel Aviv.

Le mouvement islamiste palestinien a mené quatre guerres contre Israël depuis qu’il s’est emparé de la bande de Gaza en 2007 mais l’Etat hébreu n’avait pas connu de telles scènes de violence sur son territoire depuis la campagne d’attentats suicides palestiniens de la deuxième Intifada au début des années 2000.

Le président palestinien Mahmoud Abbas a réagi aux événements en déclarant que son peuple avait le droit de se défendre contre la « terreur des colons et des troupes d’occupation », selon des propos cités par l’agence de presse officielle Wafa.

Soutien du Hamas, l’Iran, via un conseiller du guide suprême Ali Khamenei cité par l’agence semi-officielle Isna, a assuré les combattants palestiniens de son soutien « jusqu’à la libération de la Palestine et de Jérusalem ».

Des manifestations en faveur du Hamas ont eu lieu en Irak, en Syrie, au Liban, au Yémen.

EFFERVESCENCE DIPLOMATIQUE

Le Conseil de sécurité des Nations unies tiendra dimanche une réunion d’urgence sur la situation alors que les contacts diplomatiques se multiplient entre Occidentaux et puissances régionales.

L’Egypte a entamé des discussions avec l’Arabie saoudite et la Jordanie pour unir les efforts régionaux et internationaux visant à contenir l’escalade. La Turquie s’est dite prête à fournir sa médiation.

Dans une lettre au Conseil de sécurité, l’ambassadeur d’Israël auprès de l’Onu, Gilad Erdan, a déclaré que l’Etat hébreu agirait « par tous les moyens nécessaires pour protéger ses citoyens et sa souveraineté face aux attaques terroristes en provenance de la bande de Gaza menées par le Hamas et d’autres organisations terroristes ». Le Hamas est « seul responsable et supportera les conséquences », a-t-il ajouté.

A Washington, Joe Biden a assuré Israël du soutien « gravé dans le marbre et inébranlable » des Etats-Unis, qui sont prêts à offrir à Israël « tous les moyens de soutien appropriés » après cette « tragédie humaine ».

« Israël a le droit de se défendre, point à la ligne », a déclaré le président américain, qui a également mis en garde « toute partie hostile à Israël qui chercherait à tirer avantage de la situation ».

En France, Emmanuel Macron a « condamné fermement les attaques terroristes qui frappent actuellement Israël » dans un message posté sur le réseau social X (ex-Twitter).

Le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin, en déplacement à Toulouse, a déclaré sur BFM TV avoir donné consigne aux préfets de protéger les lieux communautaires.

« Nous n’avons aucune menace évidemment à l’heure ou je vous parle, mais le président de la république m’a demandé d’être extrêmement attentif à la protection des lieux ou la communauté juive se rend, bien sûr les synagogues mais aussi les écoles par exemple », a-t-il dit.

L’attaque de samedi intervient un jour après la commémoration par Israël du 50e anniversaire de la guerre du Kippour, en 1973, quand le pays avait frôlé la catastrophe et risqué la défaite face à une offensive militaire surprise conduite conjointement par la Syrie et l’Egypte.

(Avec la contribution de Henriette Chacar et Dan Williams à Jérusalem, Ali Sawafta à Ramallah, Gilles Guillaume et Jean-Stéphane Brosse pour la version française)

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