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Civitas, mouvement catholique intégriste, est dans la tourmente en France

Menacé de dissolution par Gérald Darmanin à cause de propos jugés antisémites, Civitas, mouvement catholique intégriste né en France, existe également en Suisse depuis 2021. Basé en Valais, son responsable donne sa position sur la polémique française et explicite son action.

Alors que Civitas est actuellement dans la tourmente en France, comment se positionne la section suisse du mouvement catholique intégriste, créée en 2021? Pour rappel, le ministre de l’Intérieur français Gérald Darmanin a annoncé ce lundi vouloir dissoudre l’organisation. En cause notamment, les propos de l’essayiste Pierre Hillard, prononcés lors de la dernière université d’été de Civitas à Pontmain le 30 juillet, selon lesquels «la naturalisation des Juifs en 1791 ouvre la voie à l’immigration». Le conférencier, dont l’intervention a été filmée, semble alors clairement espérer un retour en arrière des autorités françaises sur la question.

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«L’antisémitisme n’a pas sa place dans notre pays», a exprimé le ministre sur X (ex-Twitter), confirmant par ailleurs qu’une longue liste de «griefs» serait bientôt envoyée par courrier à Civitas afin de justifier la dissolution de l’association. Mais alors qu’en France, Civitas milite pour un retour du catholicisme en tant que religion d’Etat, s’oppose à la «théorie du genre» et manifeste contre des concerts de musique profane dans les églises, quelles missions se donne Civitas en Suisse? Son responsable Alain Späth explicite la présence du mouvement sur le sol helvétique. Interview.

La section suisse de Civitas cautionne-t-elle les propos de Pierre Hillard?

Il est évident que Civitas Suisse ne cautionne aucunement des idées ou des propos antisémites, sous aucune forme. Les propos de Pierre Hillard, historien, docteur en sciences politiques et certainement l’un des plus grands spécialistes du mondialisme, doivent être placées dans le contexte de la thématique de la conférence (à savoir le naturalisme, ndlr.) qui a été retirée de YouTube depuis.

Un relent antisémite y semble pourtant manifeste…

Civitas n’est ni d’extrême droite, ni antisémite. Civitas est simplement catholique, c’est-à-dire fidèle à l’enseignement et à la foi enseignée par l’Eglise catholique romaine pendant près de deux mille ans, de sa fondation jusqu’au Concile Vatican II. Tous les autres qualificatifs qui nous sont attribués sont des sophismes utilisés par nos ennemis pour nous disqualifier. Effectivement, quelle personne normale pourrait encore prendre des «fachos» au sérieux?

Comprenez-vous la décision prise par le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin de dissoudre Civitas en France?

Depuis sa nomination, Gérald Darmanin a présenté pas moins de dix-neuf procédures de dissolution en Conseil des ministres contre diverses associations, tous bords confondus. Il est visiblement plus facile de s’en prendre à un parti dont les membres sont pour l’essentiel des pères et des mères de familles catholiques qui paient leurs impôts et qui n’ont jamais rien cassé lors de manifestations, que de s’attaquer aux véritables problèmes dont souffrent des millions de Français (baisse du pouvoir d’achat, pauvreté, violences urbaines, islamisation, etc.)

Civitas Suisse se fait moins entendre qu’en France sur le terrain médiatique. La dernière fois, c’était à propos de la série humoristique RTS de Zep sur Jésus, que Civitas jugeait blasphématoire. Quels sont vos combats?

Nous sommes une ligue de défense catholique, en ce sens où nous défendons les principes et les valeurs de la Civilisation chrétienne (Dieu, Famille, Patrie) contre toutes les persécutions dont nos compatriotes et concitoyens font l’objet. C’est pourquoi nous pouvons également périodiquement collaborer avec des groupes nationalistes ou protestants, comme par exemple lors des votations sur le mariage pour tous.

Votre existence en Suisse est-elle également menacée par les autorités? 

Civitas Suisse est au service de la nation et de la patrie, donc indirectement de l’Eglise catholique romaine et… de l’Etat. Tous nos membres sont bénévoles et consacrent une part importante de leur temps libre au service du Bien commun, par des cours d’histoire (des Cantons), des ateliers de formation en philosophie politique, des prières publiques, de l’apostolat, mais également des œuvres de charité (visite à des personnes âgées, à des personnes en grandes difficultés…). Aucune de nos actions n’est contraire à la législation en vigueur et nous nous soumettons à l’Etat de droit. Aujourd’hui, nous n’avons aucune raison de nous sentir menacés par les autorités.

Faites-vous l’objet d’autres menaces? 

Chaque manifestation publique de Civitas Suisse s’accompagne de son lot de menaces physiques, surtout par des groupuscules d’extrême gauche, type antifa. Mais elles n’ont jusqu’ici jamais été mises à exécution: il faut dire que nous nous préparons toujours en conséquence et recevons également le soutien dans ces situations de groupes amis, comme Résistance Helvétique (organisation d’extrême-droite qui milite pour la «survie» de la Suisse, ndlr.). Mais c’est surtout d’attaques morales dont nous faisons l’objet. Si vous saviez le nombre d’insultes dont nous faisons l’objet, vous en seriez terrifié.

Vous êtes implanté en Valais, canton catholique, dans un pays toutefois majoritairement influencé par la Réforme. Comment vous situez-vous vis-à-vis du protestantisme réformé?

Le Valais n’est plus un canton catholique depuis 1972. Il ne l’est aujourd’hui plus que culturellement, la séparation de l’Eglise et de l’Etat étant malheureusement, par faute du Concile de Vatican II, un état de fait. Concernant notre relation au protestantisme réformé, je ne peux m’y prononcer qu’à titre individuel. Le protestantisme reposant sur le principe du libre examen, il y a autant de protestantismes que de protestants… J’ai de nombreux amis protestants. Je les aime et prie pour leur conversion.

La liberté religieuse est-elle un problème pour vous?

L’Eglise catholique romaine a toujours affirmé être la seule véritable Eglise et que la religion catholique était la seule véritable religion. Or en acceptant le principe de liberté religieuse un catholique reconnaîtrait qu’il y aurait d’autres religions vraies et dans lesquelles on pourrait se sauver, ce qui est une erreur, à moins de faire sauter le principe de non-contradiction.

Chrétiens TV

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